ARCANE 17 - PHILIPPE MOURATOGLOU

Disciple de Wim Hooggewerf, Roland Dyens et Pablo Márquez (dont il fut l’assistant au conservatoire de Strasbourg) Philippe Mouratoglou avait toutes les compétences requises, et la légitimité, pour devenir un guitariste classique conventionnel. C’était sans compter sur une ouverture d’esprit et une curiosité tous azimuts qui l’a vu aborder, seul ou avec diverses petites formations, les genres les plus divers et la pratique des guitares à cordes acier, six, douze cordes et baritone.

Parallèlement, Philippe Mouratoglou fonde en 2012 avec le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le graphiste Philippe Ghielmetti le label Vision Fugitive, sur lequel il multiplie les projets originaux : après une exploration du répertoire du bluesman Robert Johnson (Steady rollin’ man, 2012), un trio guitare contrebasse- batterie avec Bruno Chevillon et Ramón López (Univers-solitude, 2018, Ricercare, 2021, Nautiles, 2025), deux récitals particulièrement aventureux où Francesco de Milano dialogue avec Benjamin Britten et ses propres improvisations (Exercices d’évasion, 2013 ; D’autres vallées , 2016) Philippe Mouratoglou a également relevé avec maestria le pari d’insuffler un air nouveau dans le répertoire le plus fréquenté de la guitare romantique, celui de Fernando Sor (2019).

Après La Bellezza, voyage à travers cinq siècles de musique pour luth et guitare, remarqué par la critique, son nouveau périple le mène dans les détours les plus raffinés d’un répertoire moderne, du XXe siècle à aujourd’hui. Contemporains devenus classiques (Manuel de Falla, Frank Martin, Leo Brouwer, Toru Takemitsu) y côtoient les improvisations de Philippe Mouratoglou, autant d’« explosantes-fixes » dessinées sous l’égide bienveillante d’une lame de tarot chère au surréaliste André Breton.


Philippe Mouratoglou : guitare classique